Archives par étiquette : Écriture

Livre Électronique

Je lisais, il y a peu, un sondage sur Linux-FR sur les Livres Électroniques (ou liseuse). Et comme souvent dans ce type de cas, ce sont les commentaires qui sont de loin les plus intéressants, ceux d’utilisateurs avancés ayant une connaissance supérieure à la moyenne sur toutes ces questions techniques.

E-Livre

Que ce soit dans les points positifs et négatifs soulevés, dans les différents tests de ces appareils ou encore dans les arguments markétings, il n’apparait pour moi que la volonté de vouloir transposer ce qu’est le livre papier, sans chercher à en faire quelque chose de différent. Ne rien chercher d’autre que la simple dématérialisation d’une catégorie d’objet connue.

Manque de sensation du papier, de facilité à pouvoir prendre des notes et autres griffonnages sur les pages ou de pouvoir feuilleter l’ouvrage, à compter parmi les pertes par rapport au noble ancêtre (même si je suis peu sensible aux deux premiers arguments). Gain en place, poids, personnalisation des polices et taille des caractères ou encore lecture possible dans des situations improbables parmi les qualités.

On ne peut pas nier que le livre électronique est techniquement différent de son homologue papier. Mais le contenu reste fondamentalement le même, le livre électronique ne fait que reprendre la retranscription, mot à mot, d’un ouvrage papier existant par ailleurs.

Livre 2.0

Et si on faisait autre chose qu’un livre papier dématérialisé ? Si l’on faisait autre chose du «Livre électronique», que l’on créait quelque chose de tout à fait à part, qui puisse avoir ces propres spécificités. Même (et surtout) des formes d’ouvrages qu’il serait impossible de transposer sur quelque chose d’aussi inerte que ce vénérable papier.

Les liseuses sont des ordinateurs avec des capacités de calculs qui semblent presque démentes pour un simple affichage de texte. Elles sont pour la plupart équipé de connexion sans fil à internet, de divers capteurs … et d’innombrables capacités qui semblent largement inexploitée (ou alors à quoi bon le sont elle ?).

On aurait alors la possibilité d’avoir des œuvres évolutives, qui s’adapteraient en fonction de leurs environnements, ou autres paramètres indiqués par le lecteur. Des œuvres qui même après plusieurs lectures ne seraient jamais tout à fait les mêmes, qui pourraient se lire au féminin ou au masculin, qui vous présenteraient une rame de métro bondé en lecture matinale, mais déserte pour une lecture nocturne, ou agrémenteraient les descriptions des traditionnelles décorations de noël si vous êtes au mois de décembre.

Agrémentant l’immersion en s’intégrant au temps et à l’espace, en s’ancrant dans le monde ou évolue votre lecteur, et lui offrir une expérience unique.

Avoir autre chose qu’un livre, autre chose qu’un écrivain, avoir un créateur d’histoire, avoir un type d’œuvre différent … même s’il n’est qu’un assemblage de mots.

Savoir écrire …

Je m’étonne de n’avoir jamais parlé ici du rapport très particulier que j’ai avec l’écriture, à la fois conflictuel et consensuel.

Les lettres en elles-mêmes ne sont que des petits dessins standardisés, et à l’occasion stylisés. Mais c’est quand elles s’assemblent que tout se complique.

Le mal des mots

Un même mot a de nombreux aspects que j’aborde de façon tout à fait différente, certains avec un intérêt particulier, pouvant mener au perfectionnisme, d’autres avec de réelles difficultés, parfois quasi handicapante au quotidien.

La graphie est une chose que je trouve intéressante, la combinaison graphique des différentes lettres pour former le dessin unique du mot. Le dessin d’un «l», pour ne prendre qu’un exemple, n’est que rarement isolé, et se combine souvent avec la graphie des lettres suivantes et précédentes. Et mise à part quelques systèmes tels «LaTex», qui apportent un rendu très travaillé sur la police de caractère, c’est souvent au papier et stylo, voir à la plume que l’on a la liberté suffisante pour exprimer cet aspect de l’écriture.
L’écriture mécanisée ou informatisée a pour elle la «typographie» : Les subtils usages de caractères de ponctuations, de casse et d’espaces, qui dans cet univers de conformisme graphique, structurent ces petits symboles afin de rendre le tout plus cohérent, linaire et agréable à lire.

Hors du cadre de l’écriture, le sens des mots, les images qu’ils expriment, le sens qu’ils véhiculent et l’histoire qu’ils racontent, ce qui est pour moi leur sens premier, celui du langage, est aussi tout à fait intéressant. Un bon assemblage de mot, d’idée, de concepts, une jolie histoire, ou un joli discourt est une chose qui peut être fascinante, et notre monde compte et a compté d’extraordinaires compteurs, qui ont cet art de savoir tricoter les mots.

 

Mais a coté de cela, il y a mon ennemi, ma bête noire. Ces innombrables règles à la logique pleine d’exception. La conformité des mots, et leur altération provoquée par leurs voisins, que sont l’orthographe et la grammaire, sont ces choses qui me font détester l’écriture.

Orthographe

Je comprends leurs importances et leurs nécessités. Je comprends qu’elles répondent à ce besoin de cohérence, de conformité nécessaire à une bonne lecture, au même titre que la typographie (elle-même largement plus négligée).

Un point souvent présenté comme l’unique point d’importance, masquant par lui-même toutes les autres beautés possibles de l’écriture.

Mais c’est pour moi un véritable point de difficulté et même souvent de blocage. La simple faute d’orthographe, ou de grammaire, justifiant à elle seule le rejet du tout, incluant toutes les subtilités graphiques, et surtout tout le travail de transmission d’idée et d’information que peut contenir l’écrit.

Mais tu es intelligent !

Voici souvent une remarque à la quelle j’ai droit : Le bon respect des règles orthographiques et de grammaires serait un moyen de mesure globale de l’intelligence. Et donc si l’on est intelligent on est capable de respecter sans fautes ses règles.

Je ne parle pas ici d’écriture phonétique (type «SMS») ou d’usage d’un nombre limité de mots, mais bien uniquement de faute d’orthographe et de grammaire.

NON ! L’intelligence ne se mesure pas uniquement au niveau d’orthographe. Elle a de nombreuses formes, de nombreuses façons de s’exprimer, de se montrer.
Ma pratique de la graphie et de la typographie sont des signes d’intelligences que les gens montrent peu. La construction de mes argumentaires, de mes analyses… de l’histoire racontée par ces écrits, sont des signes d’intelligences.

Cause, Conséquence et Solution

Je n’ai pas d’idée précise de la cause de ces difficultés en orthographe, je sais juste que je ne suis pas seul [1] à avoir des difficultés, et pour qui c’est une gêne [2]. Et je peux juste supposer que c’est une carence au niveau de mon éducation, sans pouvoir préciser d’où cela vient précisément.

Je travaille à être plus attentif à ce que j’écris, au respect de ces règles, et j’en vois même les résultats en relisant certains de mes écrits datant de quelques années. Mais même avec l’utilisation, parfois lourde et ralentissant, des correcteurs orthographiques (simples ou avancé) il subsiste des fautes, des erreurs, des coquilles. Qui sont traitées avec une violence qui n’a d’égal que mon incapacité à pouvoir les détecter.

Écrire ou ne pas écrire ?

Vu mes réelles difficultés en grammaire et en orthographe, malgré les assistances informatisées que j’utilise massivement, et malgré les assistances humaines (à la disponibilité logiquement limitée) que je peux avoir. J’en arrive souvent à devoir faire un choix : Accepter d’écrire avec des erreurs d’orthographes et de grammaires ou ne simplement pas écrire.. Surtout quand le temps disponible pour créer un écrit est limité, ce qui est de plus en plus le cas dans notre monde de l’information à haut débit.

Mais dans tout cela, j’aime écrire. J’en suis, dans un certains sens une sorte d’amoureux qui en pratique de multiples formes. Qui navigue de la plume au bépo, du Moleskine au LaTeX, comme un amoureux de l’écriture dans une vaste variété de ces formes … Mais c’est une autre histoire.