Hyper Connectivité et Publicité

Quand je regarde notre monde numérique actuel, je suis un peu triste.

Triste qu’autant de capacité, qu’autant de possibilités qui s’offrent à nous dans ce monde, soient aussi mal utilisées. Que le formidable potentiel que représente notre technologie actuelle soit autant utilisé à l’encontre des utilisateurs ou de la bonne intelligence.

Un monde plein de potentiel

L’état de la technique nous permet de trouver des ordinateurs pour moins de 10€ (RaspberryPi Zero), en vente au grand publique, et tellement populaire que l’acquisition en est restreinte dans toutes les boutiques. Machine minimaliste par la taille (65x30x5mm) et par les capacités (1Ghz 512 Mo de Ram), mais capable d’innombrable choses en comparaison de ce que l’on pouvais faire il y a 20 ans (Le Psion série 5 de 1997 fonctionnais avec quelques dizaines de Mhz et 8 Mo de Ram).

Et si l’on prend un peu de recul par rapport à la course à la technologie actuelle, c’est simplement prodigieux : On peut aujourd’hui tous avoir accès à des puissances de calcul largement suffisante pour des quantités phénoménales d’usages. Et quand bien même on en arriverait à avoir des besoins véritablement importants, le prix de machines puissantes n’en reste pas moins assez abordable.

Hyper Connectivité

Aujourd’hui le maître mot est la «connectivité». Il faut communiquer, tellement communiquer que l’on en arrive à faire discuter tout avec n’importe quoi pour échanger des informations au mieux inutiles, voir, et surtout, qui n’aurait pas à l’être. On communique dans la seule finalité de communiquer jusque à l’overdose. Et si cela était à l’origine réservé aux ordinateurs, ça n’en est aujourd’hui qu’une part minoritaire.

Ordinateur, Téléphones, Tablettes, Automobile, Télévision, Radio, Consoles de jeu, … La maison connectée, et son électroménager n’en étant qu’a leurs débuts. L’objectif assumé du mouvement de «l’objet connecté» et de l’«internet des objets» étant de connecter tout ce qui pourrait l’être. L’humain l’étant lui même depuis longtemps.

Nous sommes dans un monde tellement connecté, et tellement dépendant de cette connectivité, que la plupart de ces appareils perdent une grande part de leurs fonctionnalités (quand ils ne deviennent pas simplement inertes) en cas d’absence de connexion. L’accès au réseau devient une dépendance maintenant vue comme vitale.

On délègue l’intelligence nécessaire à nos usages à un service distant hors de notre contrôle, alors que bien souvent nous sous exploitons ou simplement gaspillons celle que nous avons, chez nous et sous notre contrôle.

Notez que cette connectivité déplaçant de plus en plus le contrôle de l’utilisateur vers le constructeur, ce dernier à tout intérêt à vous en vendre : Cela augmente son contrôle et son pouvoir.

L’orgie publicitaire

Mais cette connectivité exacerbée ne vient pas seule. L’un des domaines les plus prolifiques de ces dernières années est la publicité. Et si le modèle traditionnel (Télévision, Radio, Journaux, Magasines et Affichage de rue) peu déjà se montrer envahissant, cette hyper-connectivité la rend omniprésente.

Tout ce matériel communiquant recueille d’énorme quantité d’informations sur vous dans le but de déterminer ce que l’on a le plus de chance d’arriver à vous vendre, et de vous renvoyer, partout ou vous pouvez être, et quoique vous fassiez, ces innombrables publicités.

Cette formidable capacité que nous avons entre les mains de pouvoir traiter de l’information et la communiquer est majoritairement utilisé contre leur utilisateur pour les rendre dépendants des constructeurs et distributeurs, et pour multiplier les espaces publicitaires.

Illustration

Un exemple d’illustration (Mais ils sont nombreux) : Le livre (électronique et connecté) par Amazon.

Dans l’absolu le livre électronique peut être une très bonne chose : On supprime tout les coût et les problèmes d’impressions (gestion de stock, nombre d’exemplaire limité, délais de livraison, …), on peut à moindre coût en faire une nouvelle édition corrigée, on a un document qui ne s’abîme pas, on peu facilement le dupliquer, et en transporter (même d’importantes quantités) prend physiquement un poids et une place individuelle négligeable.

La peur des chaînes de distributions de perdre le contrôle à mener à la création de la Gestion des Droit Numérique (DRM), préfèrent utiliser la technologie pour restreindre les possibilités des utilisateurs que de leur accorder leur confiance. Mais ce n’est pas le sujet (par ailleurs intéressant) de ce billet.

Le livre par Amazon a (au moins) deux caractéristiques intéressantes :

On peut déjà citer une affaire, célèbre à son époque, ou Amazon à prouver qu’ils contrôlés ces appareils au point de pouvoir en effacer certains documents de la mémoire (Ici deux livres de George Orwell).

La seconde caractéristique sont que, en l’échange d’une réduction possible de 10€ à l’achat de l’appareil, on bénéficie d’offres spéciales (l’option étant activable gratuitement pour ceux qui aurais pris l’appareil sans cette capacité). Concrètement, quand vous ne lisez pas, la couverture de votre livre affiche de la publicité pour les produits de son constructeur.

C’est beau la technologie.

Des solutions ?

Se couper de toute cette technologie permet d’échapper à ces désagréments, mais nous prive aussi de tout son potentiel. Et je sais qu’aujourd’hui certains s’y résignent simplement (dans une certaine mesure tout du moins), car c’est finalement la solution la plus simple, et celle qui demande le moins de connaissance techniques.

J’essaye pour ma part de naviguer au mieux dans ce monde.
Ma maîtrise, meilleur que la moyenne, de l’outil informatique me permet en même temps de profiter de cette technologie et d’esquiver une part de ces pertes de contrôles et de ce matraquage publicitaire.

Je milite, à mon niveau, contre ce fonctionnement nocif à notre monde moderne. Préférant notamment payer d’argent plutôt que de vie privée certains de mes services numériques.

Évoquant parfois, au détour d’une réflexion, mon échappée (tout du moins partielle) de cette folie mondiale …

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